Les statues restent de marbre à St-Vincent

  • La Religion ou Allégorie de la foi, ex-déesse de la liberté, encadrée par Saint-Maur et Saint-Benoît, sous l'oeil du curé, Étienne Lorta.
    La Religion ou Allégorie de la foi, ex-déesse de la liberté, encadrée par Saint-Maur et Saint-Benoît, sous l’oeil du curé, Étienne Lorta. |

Trois statues ont été restaurées à l’aide de machines à vapeur, pour préserver le marbre. Elles sont exposées à la cathédrale.

Les trois statues qui trônent, désormais, dans la chapelle du Saint-Sacrement, au sein de la cathédrale Saint-Vincent, viennent d’être restaurées. Elles furent livrées par mer, en juillet 1744, et provenaient de Gênes, à la suite de la commande faite par D. Placide Ferron, prieur des Bénédictins, auprès de François-Marie Schiaffino, sculpteur attitré des églises et couvents au XVIIIe siècle. Leur installation « fut conduite avec beaucoup de précaution, depuis la Grande Porte jusqu’à notre église, et ce ne fut pas sans beaucoup de peine », témoignent les chroniques de l’époque.

Pendant la Révolution, une déesse de la Liberté, coiffée du bonnet phrygien, fut installée place de la Commune. Cette déesse n’était autre que l’une des trois oeuvres, rhabillées par les sans-culottes. Les deux autres étaient soigneusement cachées « dans la grande boucherie, située près des réservoirs d’eau de la rue Saint-Benoît » selon l’abbé Manet, jusqu’en 1801, où tout ce petit monde a rejoint la cathédrale.

La ferveur et la dévotion des Malouins et les affres du temps ont, au fil des années, détérioré ces trois rescapées, dont nul ne sait pourquoi elles n’ont pas été vendues aux enchères, comme c’était la règle, après avoir figuré à l’inventaire du couvent.

Une restauration s’avérant nécessaire, « c’est l’entreprise Arthema Restauration, de Nozay, qui, en moins d’un mois, leur a redonné le lustre d’origine », précise Étienne Lorta, curé de la cathédrale. La moitié du budget a été financé par la paroisse, le reste par la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), pour un total de 13 000 €. Les travaux ont été entrepris sur place, au moyen de machines à vapeur, pour préserver « le marbre le plus beau et le plus fin », comme demandé dans le contrat d’origine. « Ces trois statues, qui représentent la Religion, Saint-Benoît et Saint-Maur, ont retrouvé tous leurs attributs d’origine et sont exposées dans la chapelle du Saint-Sacrement, qui demeure un lieu de recueillement », précise Étienne Lorta.